J’avais les mains moites.

Mon coeur battait plus vite.

Ma respiration était courte.

J’entrais dans le bureau du syndic de faillite.

Chaque pas me paraissait une éternité.

Le temps avait ralenti.

J’avais honte.

Ça tourbillonnait dans ma tête.

Toutes sortes de pensées qui se battaient entre elles.

Est-ce que c’était vraiment la bonne décision?

Qu’est-ce que les gens allaient penser?

Est-ce que je n’étais pas en train de me déresponsabiliser?

Je savais que j’étais capable de rembourser mes dettes… si je le voulais vraiment.

Mais je n’avais plus envie de me battre.

Oui, j’avais fait des erreurs dans le passé.

Mais j’étais tanné d’en payer le prix.

Un prix qui me semblait démesuré.


Mon année 2012 a été fantastique!

L’année où j’ai dépensé 120,000$, alors que je gagnais… zéro.
Je terminais ma dernière session de maîtrise en Belgique.

En plus, j’avais un nouveau copain alors je l’invite à me rejoindre!

Pourquoi payer pour un quand on peut payer pour deux!

C’est la fameuse époque où j’achetais l’Amour des autres avec l’argent parce que j’avais une faible estime de moi et je ne croyais pas que j’en valais la peine.

J’ai enchaîné la Belgique avec un magnifique appart hors de prix à Montréal.

Mais la vue sur la ville depuis la piscine sur le toit était sublime!
 

Ensuite de ça, pourquoi ne pas aller vivre en Californie!

Des vacances d’une semaine qui se sont transformées en un séjour de cinq mois, à vivre dans une maison de plusieurs millions, fréquenter un gym à 200$ par mois et cuisiner pour Sharon Stone.

Mais ça, c’est une autre histoire.

Revenons à la faillite.

L’année qui a suivi la Belgique et la Californie a été beaucoup moins glorieuse.

Je suis rentré à Québec avec mon copain et nous avons pris un tout petit appart pas cher.

J’ai ensuite cherché l’emploi le plus payant que je pouvais trouver pour rembourser tout ça.

Malheureusement pour moi à cette époque, emploi payant voulait dire employant chiant.
J’ai choisi le pire que je pouvais: travailler en informatique au gouvernement.

Pas que c’est mal de travailler en informatique au gouvernement.

C’est juste que ça ne convenait pas du tout à ma personnalité.

Alors je rentrais au bureau à contre-coeur à tous les jours pour payer toutes les magnifiques aventures de l’année précédente.

Dès ce moment-là, je savais que me libérer par la faillite était le chemin que j’avais envie de suivre.

Mais je n’avais pas encore fait la paix avec cette décision.

Je me suis battu pendant 4 ans avec moi-même.

4 putains d’années à me torturer l’esprit.

À me poser des questions.

À sentir au fin fond de moi que la faillite était la bonne décision, mais toujours en laissant planer le doute que ça ne l’était peut-être pas.

Parce que, rationnellement, je savais que je pouvais rembourser.

Mais la question qui restait sans réponse était: «Pourquoi?»

Pourquoi est-ce que je m’imposais de rembourser

Étais-je vraiment le seul responsable de ces dettes?
 

Si on plante un arbre en plein milieu d’arbres malades, il y a de très fortes chances que cet arbre sain soit affecté. L’environnement exerce une énorme influence sur les éléments à l’intérieur de cet environnement.

Alors si on place quelqu’un de fragile dans un environnement où le crédit est abondant et facile d’accès, il y a de très fortes chances qu’il utilise ce crédit!

Et je ne dis pas que ce qui est arrivé n’est pas de ma faute.

Personne ne m’a forcé à faire quoi que ce soit.

Je dis simplement que la responsabilité est partagée.

Je ne trouve pas normal d’avoir eu accès à tellement de crédit que j’en suis venu à un point où je pouvais m’endetter d’UNE ANNÉE de salaire en UNE SEULE JOURNÉE!!

Une de mes cartes de crédit avec une limite de 17,000$ et j’ai été capable de l’utiliser jusqu’à 27,000$!!

C’est fou quand même!

À cette époque, je n’allais pas bien.

Alors j’ai utilisé le moyen que j’avais pour me sentir mieux.

Ça aurait pu être la cocaïne, le sexe ou l’alcool.

Parce que la substance importe peu.

Ce qui importe, c’est la souffrance qu’il y a en-dessous de tout ça.

C’est la faible estime qui pousse à faire quelque chose qu’on sait être malsain.

Rationnellement, tout ça n’a aucun sens.

Mais à l’intérieur de soi, il y a une force plus puissante qui pousse à retourner vers la destruction.

Et comment j’ai mis fin à cette auto-destruction?

C’est quand j’ai rencontré un gars qui était déjà passé par là.

Pour lui, la faillite était toute banale.
Pour moi, c’était la honte la plus totale.

Mais à force de le côtoyer, j’ai commencé à adopter sa position.

Ça m’a permis de faire la paix avec ma décision.

Et j’ai pu me libérer de ce fardeau que je gardais depuis beaucoup trop longtemps.

Alors c’est pour ça que j’écris cet article.

Pour permettre à d’autres de se libérer.

Pour enlever le secret et la honte qu’il y a autour de la faillite.

Pour rendre la faillite comme quelque chose d’aussi bien vu qu’une cure de désintoxication.

On sait tous que quelqu’un de dépendant aux drogues ou à l’alcool ne va pas bien et a besoin d’aide.

On le félicite lorsqu’il se prend en main et s’engage dans une désintox.

On le félicite même lorsqu’il tente sa huitième désintox.

On sait qu’éventuellement, s’il persévère, il va réussir à s’en sortir.

Alors pourquoi ne pas voir la faillite de la même façon?

Quelque chose de positif que quelqu’un entreprend quand il prend conscience du problème et fait ce qu’il faut pour s’en sortir.

Et là, je vois des gens qui capotent et qui sortent tous les arguments contre la faillite.

Ces arguments sont tout à fait justifiés.

L’enjeu n’est pas de savoir qui a raison.

L’enjeu est de savoir comment on peut être bien.

Peut-être que si tout le monde se met à faire faillite, le système bancaire et financier actuel va s’effondrer.

So what?

Selon moi, ça ne ferait que rétablir l’équilibre d’un système maintenu sur le respirateur artificiel.

Alors, si tu es encore aux prises avec une dépendance, parles-en.

Et si tu veux plus d’information pour te sortir de la dépendance, tu peux

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Je donne plein de conseils pour améliorer la confiance en soi, ce qui m’a progressivement permis de me sortir de mes dépendances.

Parce qu’il n’y a personne d’autre qui peut prendre plus soin de toi que toi-même.

Et c’est à toi de franchir la porte.
On se retrouve de l’autre côté!

Martin
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